Vous est-il arrivé de voir un proche, un(e) ami(e), un collègue vivre une situation relationnelle insatisfaisante voire destructrice ?

Avez-vous constaté sa difficulté à prendre une décision quant à l’avenir de la relation ?

Peut-être vous est-il  vous-même déjà arrivé de continuer à vivre une relation toxique, de vous débattre avec vous même, tiraillé(e) …

 Comment rester respectueux des choix de l’autre, de son propre chemin ?

Je pense que dans l’ambivalence, quand une personne dit : « j’ai envie d’une chose et j’ai envie de son contraire », la  principale chose à éviter c’est de renforcer une des deux parties. Il y a conflit intérieur et ce conflit intérieur est peut-être installé depuis longtemps.

 Je vais prendre l’exemple d’une relation de couple insatisfaisante et souffrante mais il pourrait tout à fait s’agir d’une relation amicale ou même professionnelle.

Le premier réflexe quand une personne hésite entre deux voies, c’est de vous postionner à sa place en disant « ah tu voudrais stopper cette relation dans laquelle tu te sens mal ? Il suffit que tu arrêtes de fréquenter cette personne ! ». Cela va automatiquement renforcer l’autre partie, c’est à dire la partie  qui résiste.

Qu’est-ce que la partie qui résiste ?

 C’est celle qui a des bénéfices à vivre cette relation. Et on rentre dans un « jeu » qu’on connait bien quand on accompagne les personnes :

C’est le jeu du « oui, mais … ».

  • Oui… une partie de la personne a envie d’arrêter d’avoir mal, de ne pas se sentir respectée, de souffrir dans la relation, de s’éloigner de sa propre vitalité…
  • Mais… l’autre partie résiste. Cela peut  être, par exemple,  celle qui se souvient des bons moments partagés, qui a projeté un avenir commun, qui veut partager sa vie …

 Le « oui, mais » c’est l’expression de cette partie qui résiste.

 Si vous êtes juste dans la dévalorisation de la partie qui résiste, vous prenez le risque de renforcer l’indécision de la personne et de développer davantage de résistance. Vous pouvez l’observer facilement par des justifications, la tendance à minimiser le mal-être, par exemple. La personne aura peut-être même tendance à s’éloigner de vous qui « ne pouvez pas le/la comprendre ».

Alors que votre intention est de l’aider, il est possible qu’elle ait consciemment ou inconsciemment l’impression que vous rejetez une partie d’elle-même…

Cela semble difficile de rester à une juste place et d’aider cette personne, n’est-ce pas ?

Je vous propose une piste…

Je vous invite à accueillir simplement et avec bienveillance la personne que vous accompagnez  :

  • « Qu’est ce qui fait que tu n’as pas envie d’arrêter cette relation ? »
  • « La partie qui en toi résiste, en fait, qu’est ce qu’elle cherche à obtenir ? »

Et si vous interrogez vraiment la personne, si vous écoutez vraiment ses motivations, vous allez, par exemple, trouver derrière : « quand je suis avec lui/elle ça me fait plaisir, c’est un bon moment pour moi, cela me permet d’être plus sûr(e) de moi, je me sens moins seul(e) »…

Vous ne trouvez pas que c’est important ? Moi je trouve que c’est fondamental !

Il est alors possible d’accueillir cette partie qui résiste en disant :

  • « Ok, pour toi, fréquenter cette personne te permet d’être plus sûr(e) de toi et moins seul(e). Ca c’est très important, je comprends que tu hésites à cesser la relation. »
  • « Est-ce qu’on peut imaginer que tu puisses trouver d’autres manières de te sentir sûr(e) de toi ? »
  • « Est-ce que tu peux trouver d’autres manières de te faire plaisir, de ne pas te sentir seul(e) … en payant moins le prix ? »

 On va chercher derrière la motivation de cette partie qui résiste et du coup un espace de créativité peut s’ouvrir, une ouverture vers d’autres voies pour satifaire ces besoins essentiels d’être en lien, de partager.

Une ou plusieurs portes peuvent s’ouvrir et permettre de se libérer … enfin.

La confiance en soi et en sa capacité de sortir de la relation toxique sont ainsi souvent réveillées. Et chacun suis son chemin, à son rythme !

Valérie Kervella 

Avez-vous vous aussi des expériences, des pistes à partager ? Ou peut-être avez-vous un point de vue sur cette situation ? Merci de nous les offrir dans les commentaires ci-dessous. Je suis impatiente de vous lire !